À 16 mois, un enfant peut parfaitement rester silencieux sans que cela ne signe une anomalie. C’est le genre de statistique qui ne laisse pas indifférent : près d’un petit sur dix ne prononce toujours pas un mot à cet âge, et pourtant, la plupart poursuivront leur route sans accroc. Les lignes du développement sont rarement droites, et chaque enfant avance à sa cadence, échappant aux cases toutes faites. Les spécialistes le rappellent : la diversité des rythmes est la règle, pas l’exception. Il ne s’agit pas de minimiser, mais de regarder chaque situation avec discernement.
Les différences de rythme sont souvent influencées par l’univers dans lequel l’enfant évolue : richesse des échanges verbaux, présence de plusieurs langues à la maison, ou parcours médical atypique. Ces facteurs, en s’entremêlant, dessinent des trajectoires uniques pour chaque bambin. Pour aider les parents à y voir plus clair et savoir quand agir, il existe des repères fiables, des signes à observer pour accompagner au mieux la naissance du langage.
À 16 mois, où en est le langage de mon enfant ?
À cet âge, le développement du langage ressemble à un chantier en pleine effervescence : certains enfants ont déjà glané quelques mots, d’autres se contentent de sons ou de gestes expressifs. Pour la majorité, le vocabulaire reste limité, bien loin de la profusion attendue plus tard : “maman”, “papa”, quelques syllabes répétées, et c’est tout à fait normal.
La compréhension précède souvent la production orale. Un enfant de 16 mois comprend déjà de petites instructions, réagit quand on l’appelle, pointe ou montre ce qui retient son attention. Son univers sonore s’élargit : il expérimente l’intonation, le rythme, s’amuse à babiller, à produire des onomatopées. Ces jeux de sons témoignent d’un développement du langage bien en marche.
Voici quelques acquisitions fréquemment observées à cet âge :
- Réagir à une consigne du type “donne le ballon” ;
- Pointer des objets, imiter certains gestes du quotidien ;
- Dire un ou deux mots qui se comprennent ;
- Utiliser le regard ou la gestuelle pour exprimer un besoin.
Le développement du langage chez le bébé de 16 mois se construit pierre après pierre, et l’environnement familial joue un rôle clé dans cette progression. Que l’enfant vive entouré de plusieurs langues, fréquente une crèche ou grandisse dans un foyer où l’on discute beaucoup, chaque contexte imprime sa marque sur l’acquisition du langage. L’essentiel est moins dans le décompte des mots que dans l’observation globale du développement de l’enfant : sa curiosité, sa façon d’entrer en relation, sa capacité à partager son monde.
Retard de parole : comment repérer les signes qui méritent attention
Repérer un retard de langage chez un enfant de 16 mois demande un regard attentif, partagé entre les parents, les professionnels de santé et les éducateurs. Il ne s’agit pas seulement de compter les mots : la compréhension, l’expression, l’articulation et la qualité des interactions sont tout aussi révélatrices. Certains signaux peuvent évoquer un trouble du développement du langage ou une difficulté plus spécifique, comme une dysphasie.
Voici les éléments à surveiller de près :
- Absence de babillage ou de sons variés ;
- Pas de réaction lorsqu’on l’appelle ou lorsqu’on s’adresse à lui ;
- Ne recourt pas aux gestes pour communiquer (montrer, faire au revoir, tendre les bras) ;
- Aucun mot compréhensible à 16 mois ;
- Désintérêt pour les échanges ou les jeux d’imitation.
Le retard de parole ne se limite pas à l’absence de vocabulaire. Un enfant qui ne cherche ni à s’exprimer autrement, ni à comprendre une consigne de base, ou qui se tient à l’écart lors des échanges : tous ces aspects doivent alerter. Certaines difficultés, comme la dysphasie ou d’autres troubles du langage, peuvent se manifester très tôt, parfois associées à une articulation peu claire ou à une compréhension qui semble en retrait.
On parle alors de trouble développemental du langage si le décalage ne concerne pas seulement le rythme, mais l’ensemble de la communication. Pour y voir clair, il faut prendre en compte la motricité, le niveau d’interaction, la curiosité, l’engagement dans les jeux partagés. Un accompagnement avec un professionnel, dès que le doute s’installe, permet d’évaluer la situation et de proposer un suivi adapté.
Pourquoi certains enfants parlent plus tard ? Tour d’horizon des causes possibles
Quand un enfant de 16 mois ne parle pas encore, les interrogations affluent. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce retard de parole, souvent entremêlés. Il n’existe pas de cause unique, mais plutôt des profils variés, à explorer sans précipitation.
L’environnement familial occupe une place centrale : plus les échanges verbaux sont riches et variés, plus l’enfant a d’occasions de s’essayer au langage. À l’inverse, un quotidien silencieux ou peu interactif peut freiner l’éveil de la parole. L’exposition prolongée aux écrans, télé, tablette ou téléphone, limite les échanges véritables, pourtant indispensables pour stimuler la compréhension et l’expression.
La santé ne doit jamais être négligée. Une audition altérée, même légèrement, complique l’accès aux sons et ralentit l’acquisition du langage. Parfois, un trouble neurodéveloppemental du langage s’invite : la dysphasie en est l’exemple, avec des difficultés persistantes à organiser le langage, malgré un entourage attentif. Les troubles du spectre de l’autisme peuvent également s’accompagner d’un retard de parole, souvent associé à d’autres particularités dans la relation aux autres ou les centres d’intérêt.
N’oublions pas l’hérédité. Un parcours familial marqué par des troubles du langage ou des facteurs génétiques peut influencer le développement. Chaque histoire demande d’être considérée dans son ensemble, sans jugement hâtif.
Des astuces concrètes pour encourager la parole au quotidien et savoir quand consulter
Le langage se tisse avant tout dans la relation. À 16 mois, l’enfant observe, écoute, tente d’imiter ce qu’il perçoit. L’une des meilleures choses que l’on puisse faire : lui parler, encore et encore. Montrez-lui les objets, nommez-les, racontez ce que vous faites, décrivez les situations. Répéter les mots, jouer avec la voix, valoriser ses essais : autant de façons de nourrir l’acquisition du vocabulaire et des premiers sons.
Voici quelques pistes concrètes pour stimuler la parole au quotidien :
- Proposez des histoires adaptées à son âge : les images facilitent la compréhension, la musicalité captive l’attention.
- Chantez, inventez des comptines, amusez-vous ensemble avec les sons. Le jeu vocal encourage la compréhension et l’expression.
- Gardez les écrans à distance : rien ne remplace une interaction vraie.
Observez aussi comment votre enfant interagit. Un petit qui ne pointe rien du doigt, ne cherche pas à attirer le regard ou reste fermé à vos expressions mérite qu’on s’y attarde. Si le développement du langage semble stagner, ou si les difficultés persistent malgré un environnement stimulant, il est utile de consulter le pédiatre ou le médecin généraliste.
Dans ces situations, l’orthophoniste devient un partenaire de choix : le bilan orthophonique permet de cerner la nature des difficultés et d’orienter la famille vers une prise en charge adaptée. La rééducation orthophonique, parfois associée à un programme d’intervention précoce, aide l’enfant à s’ouvrir progressivement à la communication. Les groupes de soutien offrent aussi la possibilité de partager conseils et expériences, et de rompre l’isolement que peuvent ressentir les familles.
La parole peut parfois prendre des détours inattendus. Ce n’est pas le nombre de mots à 16 mois qui trace l’avenir, mais la façon dont l’enfant découvre, s’exprime, grandit au contact des autres. Entre patience et vigilance, chaque parent devient le premier allié de ce cheminement singulier.


